Faire confiance au Grand Esprit

par | 18 Août, 2026 | Conseils de vie

Il arrive un moment sur le chemin spirituel où nous découvrons que nous ne pouvons pas tout contrôler. Nous pouvons apprendre, nous former, acquérir de l’expérience, chercher à comprendre ce qui nous arrive et tenter de prévoir ce qui arrivera demain. Nous pouvons multiplier les précautions et les stratégies pour nous protéger et éviter de nous tromper. Et pourtant, il restera toujours une part d’inconnu.

C’est peut-être précisément là que commence véritablement la confiance.

Nous avons appris à tout prendre en charge

Beaucoup d’entre nous ont appris à avancer dans la vie en portant énormément de choses. Nous portons nos responsabilités, notre famille, notre travail, nos projets, nos difficultés financières, notre avenir. Lorsque nous accompagnons les autres, nous pouvons également finir par porter leurs souffrances, leurs attentes et parfois même leur chemin.

Et plus nous portons, plus nous essayons de tout contrôler. Nous voulons savoir où nous allons. Nous voulons être certains de prendre la bonne décision. Nous voulons savoir comment résoudre le problème qui se présente. Mais des inquiétudes peuvent apparaître : « Est-ce que je vais savoir faire ? », « Est-ce que je suis suffisamment préparé ? », « Que se passera-t-il si je rencontre une situation que je n’ai jamais vécue ?« .

Ces questions sont naturelles. Elles appartiennent à notre mental, qui cherche à comprendre, à anticiper et à nous protéger. Mais le chemin chamanique nous invite peu à peu à découvrir une autre manière d’avancer.

Une femme dans la forêt, les mains ouvertes vers la lumière, symbole d’ouverture et de confiance dans le Grand Esprit.

Et si tout ne reposait pas sur nous ?

C’est probablement l’un des enseignements les plus précieux que la pratique chamanique m’ait donnés. Lorsque j’entre véritablement dans un soin, je ne suis pas seul. J’appelle les Esprits. Je me relie à mon Esprit protecteur, à la Mère Divine, au Grand Esprit. Et à un moment, quelque chose en moi accepte de ne plus diriger entièrement ce qui est en train de se passer. Je remets mon être et ce que je fais entre les mains de l’Esprit.

Cela ne signifie pas que je disparais, que je perds mon discernement ou que je renonce à ma responsabilité de praticien. Cela signifie que je cesse de croire que tout dépend de mon savoir, de mon expérience ou de ma capacité personnelle. Je deviens un instrument.

Et lorsque le mental revient en me soufflant : « Tu ne sais pas faire cela », « Tu n’es pas assez expérimenté », « Qui es-tu pour faire cela ? », je reviens à mon coeur et à la confiance que j’ai non seulement en moi, mais également dans le Grand Esprit.

La confiance ne signifie pas attendre sans rien faire

Faire confiance au Grand Esprit peut facilement être mal compris. Cela ne veut pas dire s’asseoir et attendre que les difficultés disparaissent miraculeusement. La confiance véritable est une confiance active.

Nous continuons à avancer. Nous faisons des choix. Nous travaillons. Nous donnons de notre temps, de notre énergie et de notre amour. Nous écoutons notre cœur et nous posons les actes qui nous semblent justes. Mais nous cessons progressivement d’exiger de connaître à l’avance le résultat de ces actes. C’est une différence immense.

Nous pouvons faire tout ce qui dépend de nous… puis remettre ce qui ne dépend pas de nous entre les mains du Grand Esprit. Et quelque chose commence alors à se détendre à l’intérieur.

Une personne marche vers la lumière à travers l’obscurité, symbole de confiance dans les épreuves de la vie.

Pourquoi certaines épreuves ne disparaissent-elles pas ?

C’est probablement l’une des choses qui m’a demandé le plus de temps à comprendre. Pendant longtemps, j’ai pu être en colère contre le Divin : Pourquoi certaines difficultés continuaient-elles alors que je priais, que je pratiquais, que je demandais de l’aide ? Pourquoi mon Esprit protecteur ne supprimait-il pas simplement les obstacles ?

Avec le temps, j’ai compris que la présence du Grand Esprit ne signifie pas que nous ne rencontrerons plus d’épreuves. Certaines difficultés sont précisément là pour nous transformer. Elles peuvent nous obliger à abandonner une ancienne manière de fonctionner, à ouvrir les yeux, à ouvrir notre cœur, à retrouver notre véritable autorité intérieure ou à découvrir une force que nous ne connaissions pas encore.

Cela ne veut pas dire que nous devons rechercher la souffrance, ni considérer chaque événement douloureux comme une punition ou une épreuve imposée. Mais nous pouvons parfois nous demander : « Qu’est-ce que cette traversée est en train de m’apprendre ?« 

Cette simple question change déjà notre manière de vivre ce qui nous arrive.

De l’acceptation à la liberté

Pendant longtemps, l’acceptation a été difficile pour moi parce que j’imaginais qu’accepter signifiait renoncer, perdre mon libre-arbitre et ne plus être aux commandes de ma vie. Mais l’acceptation dont je parle aujourd’hui est très différente. Elle naît de la confiance.

Lorsque je cesse de croire que je dois absolument obtenir tel résultat, lorsque je peux agir sans exiger que la vie réponde exactement comme je l’avais imaginé, quelque chose se libère. Je peux donner sans attendre immédiatement un retour. Je peux agir sans connaître le résultat. Je peux aimer sans essayer de tout maîtriser. Je peux traverser une période d’incertitude sans avoir besoin de connaître immédiatement la suite.

L’attente permanente nous emprisonne : attendre des autres, attendre une récompense, attendre que nos actions produisent exactement le résultat espéré, attendre que le Divin nous donne ce que nous lui avons demandé.

Avoir confiance dans le Divin nous rend progressivement libres de cette attente. Et avec cette liberté viennent le lâcher-prise, l’acceptation et une profonde sérénité.

Une femme flotte paisiblement dans une vaste étendue d’eau, symbole de lâcher-prise et de confiance dans le Grand Esprit.

Se laisser porter

Il ne s’agit donc peut-être pas d’apprendre à devenir encore plus fort afin de réussir à tout porter. Il s’agit d’apprendre exactement l’inverse : se laisser porter.

Cela ne nous empêche pas de prendre soin des autres, d’assumer nos responsabilités ou d’agir dans le monde. Je continue à porter beaucoup de choses : j’accompagne des personnes, j’enseigne, je soigne, je prends des décisions. Mais intérieurement, quelque chose a changé : « Moi aussi, je suis porté. » Et cette expérience, que j’ai d’abord découverte en prodiguant des soins chamaniques, s’est peu à peu étendue aux autres domaines de ma vie.

Lorsque surviennent l’incertitude, la peur ou le doute, je peux prendre un peu de recul, revenir dans mon cœur et me souvenir : « J’ai choisi de faire confiance. Je n’ai pas besoin de connaître toute la route. Je n’ai pas besoin de tout contrôler. Je n’ai pas besoin de tout porter. Je remets ma vie entre les mains du Grand Esprit. »

Une pratique simple pour commencer la journée

Cette confiance peut devenir une pratique quotidienne. Le matin, après être descendu dans mon corps, m’être ancré à la Terre, avoir ouvert mon cœur et demandé la protection du Ciel, ma prière est aujourd’hui devenue extrêmement simple : « Je me donne à toi pour cette journée. Fais de moi l’instrument de ton amour pour aujourd’hui. Fais de moi l’instrument de ton amour dans chaque geste, dans chaque parole et dans chaque action. » Puis la journée peut commencer.

Il ne s’agit pas de savoir exactement ce qui va arriver. Il s’agit d’avancer, d’écouter, d’agir… et de faire confiance car la confiance dans le Grand Esprit n’est peut-être pas la certitude que tout se déroulera comme nous le souhaitons. C’est quelque chose de beaucoup plus profond. C’est la certitude que, quoi qu’il arrive, nous ne marcherons jamais seuls.

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